Lettre aux autorités


Lettre adressée aux autorités en décembre 2013

Aux Autorités,

Je vais essayer,  au mieux,  de vous raconter  mon parcours de vie en tant que … enfant orphelin dès mes premiers jours de naissance en date du 10 novembre 1954 … au monde d’aujourd’hui.
Je vous le dit, ce n’est pas si facile à ce jour, de recasser  tous les souvenirs de 50 années d’une vie vécu d’histoire de pauvreté, de tristesse, de mauvais traitement, de regard qui vous d’déshabilles et vous juge comme tel.

Encore aujourd’hui, je me réveille brusquement la nuit et en plus, depuis que j’ai décidé  d’aller de l’avant… de cette vie de misère et d’abandon, dans un pays où je suis née et … qui aurait pu faire quelques choses durant ces années pour améliorer… et prendre conscience de tous les malheurs, des enfants de cette époque, et qui ont été  laissé pour compte… dans l’oubli et livré à eux- même, ainsi que dans leurs futur parcours de vie d’adulte.

Je ressens ainsi de l’amertume, un manque d’humanisme, de solidarité envers ses semblables.

Voilà, au moment où je vous écris mon histoire, je vous le dit en toute sincérité … des larmes en moi coule le long de mon visage, mais je me bats pour la dignité, le respect, la reconnaissance de celle- ci.

Aujourd’hui encore à 59 ans, des cauchemars ressurgissent et c’est assez traumatisant et très angoissant par moment dans la  vie de tous les jours. Dans la vie j’ai toujours été une personne attentionnée envers mes semblables.

Je pense que je tiens celas de ma maman qui m’a toujours protégé, même le temps soi peu que je l’ai connu ( je me rappel de ma mère que l’avoir vu deux fois dans ma vie ).

Le temps passé à l’orphelinat ( 10 années consécutifs ) nous n’avions quasiment jamais de cadeaux. La seule fois que j’ai reçu un cadeau je devais avoir environs 10 ans et c’était une plaque de chocolat. Je ne pouvais pas la garder pour moi tout seul, je l’ai donc partagée avec les autres enfants de l’orphelinat et j’en ai gardé et mangé uniquement un carré.

Un jour des militaires étaient cantonnés dans le bâtiment annexe de l’orphelinat, et comme nous ne mangions pas toujours à notre faim, nous étions content de les voir car ils nous donnaient des biscuits militaires ( bien-sûr on allait mendier ) et on était tous heureux de leurs gentillesses à notre égard, même si on avait un peu honte mais eux ils étaient compréhensif de notre pauvreté.

Toujours vers l’âge de 10 ans, j’étais assis à même le sol dans la cours de l’orphelinat et là qui viens vers moi, un officier de l’armée  grade de capitaine et je m’en rappel très bien car sa lui allait bien et il avait fière allure.

Cette  officier me demande << qu’est-ce-que je fais assis parterre tout seul >> je lui réponds que je m’ennuie de mes parents car je suis orphelin et qu’il me manquent beaucoup et que je pleure souvent du manque d’affection maternel et paternel.

Je lui dis aussi que c’est très dur la vie que j’ai dans cette orphelinat et que je suis comme le << Petit Prince dans l’histoire de Saint Exupéry >> qui pleure tout le temps d’ennui et de chagrin de sa solitude continue.

L’officier me prends la main, me regarde et me dis : regarde cette belle journée il fait beau avec un beau soleil.

Ça m’a directement réchauffé le cœur et j’ai eu un sourire de joie, car je me suis dit: enfin quelqu’un qui s’intéresse à moi et donc je me sentais beaucoup moins seul depuis cet instant-là.

Je lui ai demandé: « vous pourriez être mon papa car je n’ai personne qui peut me donner de l’affection et je pleure tout le temps ». (Bien-sûr ce n’est que la parole d’un enfant mais j’étais tellement désespéré que ça m’a fait du bien de lui demander s’il veut bien être mon papa dans le futur). Il m’a pris dans ses bras un instant pour me réconforter et j’étais très heureux de sentir et de voir enfin un peu de chaleur humaine à mon égard.

Si je vous raconte cet instant de ma vie, c’est que je n’avais encore jamais connue une personne qui me portait de l’affection comme cet officier qui à mon sens a vu que j’étais abandonné et livré à moi-même.

Par la suite j’ai revu cet officier qui, à chaque fois qu’il revenait, me donnait un petit présent dont je me réjouissais à l’avance. Au bout de plusieurs visites de cet officier, je lui ai demandé s’il pouvait m’adopter et être mon nouveau papa comme d’autres enfants qui ont cette chance-là. Il m’a regardé avec gentillesse et m’a dit que celas ne pouvait pas se faire comme ça en claquant des doigts et que ce n’était pas si simple. Je l’ai regardé avec mon visage d’enfant innocent et je me suis mis à pleurer à grosse larmes car je savais que je ne le reverrais plus de sitôt. Il m’a pris dans ces bras et ma dit de ne pas abandonner et de m’accrocher à la vie chaque jour car chaque jour est un jour nouveau.

Voilà, à chaque fois que je repense à cet instant de ma vie, j’en ai presque encore des larmes aujourd’hui .

Mais vous savez, je suis catholique et suis aussi un homme de foi, et je pense que cela aide beaucoup chaque jour de notre existence.

Aujourd’hui, j’espère que cette partie de récit vous ouvrira les yeux et que vous tiendrez compte de ce passage de vie d’un enfant seule et livré à lui-même …  et quel est le prix d’une telle situation, laissé à l’abandon autrefois par les autorités de l’époque …

Clément Wieilly